Le nouveau numéro de la Passerelle (n°73) est maintenant disponible en ligne. Bonne lecture !

05/2022-Marcher ensemble

Par Père Sébastien Schmitt

02/2022-A propos de la Semaine sainte

Par Père Sébastien Schmitt

12/2021-Des mots nouveaux pour la messe

Par Père Sébastien Schmitt

09/2021-La confirmation... pour tous ?

Par Père Sébastien Schmitt

07/2021-Telle la cigogne… (suite)

Par Père Sébastien Schmitt

05/2021-Sainte Odile parmi nous !

Par Père Sébastien Schmitt

02/2021-Sainte quarantaine

Par Père Sébastien Schmitt

12/2020-« Vivre dans le temps présent de manière raisonnable » (Tt 2, 12)

Par Père Sébastien Schmitt

09/2020-Telle la cigogne…

Par Père Sébastien Schmitt

07/2020-Que sera notre été ?

Par Père Sébastien Schmitt

06/2020-« Alors que les portes étaient verrouillées, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux » (Jn 20, 19)

Par Père Sébastien Schmitt

02/2020-L'onction des malades: quand et pour qui ?

Par Père Sébastien Schmitt

12/2019-Que devons-nous faire ? (Lc 3, 10)

Par Père Sébastien Schmitt

09/2019-Un site Internet pour la communauté de paroisses

Par Père Sébastien Schmitt

07/2019-Lendemain de fête

Par Père Sébastien Schmitt

04/2019-Mourir pour entrer dans la vie

Par Père Sébastien Schmitt

Des mots nouveaux pour la messe


Le premier dimanche de l’Avent, une nouvelle traduction des textes et des prières de la messe est entrée en vigueur. Cela, bien sûr, n’a rien changé au déroulement de la messe. Mais elle contient des formulations, des expressions, des mots parfois assez différents de ceux auxquels nous étions habitués, avec lesquels nous allons devoir nous familiariser jusqu’à les mémoriser. Certains se demandent peut-être pourquoi une nouvelle traduction ? La traduction actuelle n’était-elle pas bonne ?

Il est utile d’abord de rappeler que nous sommes des catholiques latins et que, par conséquent, l’original de tous les livres que nous utilisons pour la messe et les autres sacrements est en latin. Les anciens se souviennent qu’autrefois – il n’y a pas si longtemps, un peu plus de cinquante ans ! – tous les offices à l’église étaient en latin. Chaque livre, une fois édité en latin, doit donc être traduit dans les diverses langues, puisque le concile Vatican II – qui s’est ouvert, il y a presque soixante ans – avait souhaité qu’on accorde une plus large place à la langue de chaque pays.

Cette nouvelle traduction française n’est pas supérieure à la précédente. Elle est avant tout plus fidèle au texte original latin, même si on l’a améliorée là où c’était nécessaire, d’autant que la langue évolue avec le temps. Elle cherche donc à rendre plus exactement en français ce qui est exprimé en latin, au risque d’être ici ou là moins immédiatement compréhensible. Par exemple, dans la profession de foi – le Credo – on a traduit de façon plus littérale : « Je crois en Jésus Christ… consubstantiel au Père », alors que jusque là on disait : « de même nature que le Père », probablement parce qu’on avait alors estimé que « consubstantiel » était un mot trop difficile. « De même nature » n’est pas synonyme, mais l’expression paraissait plus accessible à tous.

A la fois, le fait que ce soit une nouvelle traduction, plus précise et plus soignée que la précédente, invite à être plus attentif à ce qui est dit au cours de la messe. La façon de répondre au prêtre, de chanter ou de dire tel texte ou telle prière nous était si familière qu’on ne faisait peut-être plus beaucoup attention à ce qu’on disait, tant cela était devenu machinal. La nouvelle traduction nous encourage à écouter mieux, à être moins distrait, à adopter des mots nouveaux, une manière nouvelle de s’exprimer et finalement à réfléchir à ce qu’on dit et à en creuser le sens.

Il est important surtout de ne pas perdre de vue l’enjeu de cette nouvelle traduction qui est loin de se limiter à tel petit changement ou à telle nouveauté. L’enjeu est de réveiller notre attention pour favoriser notre participation à la messe. Car il arrive qu’on n’écoute que d’une oreille, qu’on a l’esprit ailleurs, qu’on ne réponde que du bout des lèvres. Participer à la messe, ce n’est pas forcément faire quelque chose, être occupé. Participer, c’est tout simplement être présent à ce qui est dit et à ce qu’on fait, si bien que le silence aussi est une forme de participation. Le silence, pendant la messe, n’est pas un temps mort. On mesure, en même temps, combien cela est difficile aujourd’hui, alors qu’en tout, on passe sans cesse d’une chose à une autre !

Le concile Vatican II a insisté sur la participation de tous à la messe parce qu’elle est un dialogue entre Dieu qui parle et son peuple qui répond par la prière et les chants. Si c’est bien le Seigneur qui est là présent quand nous sommes réunis pour la messe, si c’est bien lui qui parle et lui encore qu’on reçoit, comment pourrait-on n’être que des spectateurs étrangers et muets de ce qui se passe ? La moindre des choses, lorsque quelqu’un est là et nous parle, c’est de s’intéresser à lui et de lui répondre !

Accueillons alors la nouvelle traduction des textes et des prières de la messe comme une invitation à vraiment dialoguer avec le Seigneur, qui est présent et nous parle, tant par les paroles et les chants que par les gestes, les attitudes et le silence. C’est plus par le dialogue avec Dieu que par toutes sortes d’explications que, petit à petit, nous comprendrons mieux le sens de ce qui est dit et de ce qu’on fait au cours de la messe !