C’est ce que l’on chante durant le temps de Pâques. Comme le printemps qui revient chaque année après la rigueur de l’hiver, même si les hivers ne sont plus aussi rigoureux qu’autrefois et s’apparentent plus à un automne qui se prolonge, le Christ est revenu. Il n’est pas resté prisonnier de la mort. Comme la nature qui, après s’être endormie et reposée, resurgit et refleurit chaque année au printemps, le Christ, après avoir sommeillé dans le tombeau, a resurgi. Tant le printemps que Pâques nous assurent que la vie est la plus forte, qu’on ne peut pas l’enterrer, qu’elle finit toujours par réapparaître. On a beau la croire morte, elle renaît.
On a souvent du mal à croire au printemps et à la vie, surtout devant des situations sans issue ou des hivers qui s’éternisent. Est-il raisonnable de croire que le printemps et la vie vont revenir face à la douleur du départ d’une personne proche, à la maladie sans grand espoir de guérison, à des difficultés dont on peine à se sortir, aux dégâts irrémédiables causés à la création, aux foyers de guerre qui se multiplient au mépris du droit et menacent la paix, à l’avenir incertain et sombre ?
Même si, à première vue, il y a peu de signes que le printemps et la vie sont près de revenir, ils sont en germe, non parce que les choses vont bien finir par s’arranger, mais parce que Pâques est l’espérance que, même dans les situations les plus tristes et les plus désespérées, la vie l’emporte aussi sûrement que le printemps revient chaque année même lorsqu’il tarde à éclore.
Notre pape a rappelé, le jour de Pâques, que le pape François, dans sa première exhortation, avait dit que « la résurrection du Christ “n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne faiblissent pas. Pourtant, il est aussi certain que commence à germer quelque chose de nouveau dans l’obscurité, qui tôt ou tard produira du fruit” (Evangelii gaudium, 276). La Pâque du Seigneur, a conclu le pape, nous donne cette espérance, en nous rappelant que, dans le Christ ressuscité, une nouvelle création est possible chaque jour. »
Pâques nous donne d’autant plus cette espérance qu’une nouvelle création est possible chaque jour si tous, chacun à la place qui est la sienne, même par de petits gestes, on est prêts à renoncer à l’injustice, à la méchanceté, à l’indifférence, à la cruauté qui se tapissent au fond de nous, et à répandre la force de vie qui, par la résurrection du Christ, a pénétré le monde et qui, elle aussi, est en nous depuis que, par le baptême, on est ressuscités avec le Christ. N’est-ce pas cela à quoi, au cours de la Veillée pascale, à la fois nous renonçons et nous affirmons que nous croyons ?
Que le temps de Pâques nous encourage, dans l’obscurité qu’on traverse ou qui nous entoure, à espérer à nouveau, à cause de Jésus ressuscité, au printemps et à la vie qui, contre toute apparence, reviennent immanquablement !