Marguerite SCHERRER (M) - Obs : 13.08.20 - 14:30

07/2020-Que sera notre été ?

Par Père Sébastien Schmitt

06/2020-« Alors que les portes étaient verrouillées, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux » (Jn 20, 19)

Par Père Sébastien Schmitt

02/2020-L'onction des malades: quand et pour qui ?

Par Père Sébastien Schmitt

12/2019-Que devons-nous faire ?

Par Père Sébastien Schmitt

09/2019-Un site Internet pour la communauté de paroisses

Par Père Sébastien Schmitt

07/2019-Lendemain de fête

Par Père Sébastien Schmitt

04/2019-Mourir pour entrer dans la vie

Par Père Sébastien Schmitt

Que sera notre été ?


Au moment de la naissance de Jean le Baptiste, tout le voisinage se demande : « Que sera donc cet enfant ? » (Lc 1, 66), non seulement parce que son nom n’a encore été porté par personne dans sa famille, mais aussi en raison de ce que l’on dit de lui.
Nous pourrions, quant à nous, nous demander : que sera notre été ? Pour beaucoup, été rime avec vacances ! Il y a pourtant nombre de personnes qui, pour diverses raisons, ne partent pas en vacances, qui continuent à travailler et à faire vivre notre pays, à commencer par ceux qui cultivent la terre qui, elle, n’est pas en repos et réclame un soin constant pour qu’elle porte du fruit au temps voulu et que chacun ait de quoi se nourrir.
Il y a cinq ans, le pape François a publié sa lettre encyclique Laudato si’ sur le défi urgent de sauvegarder la terre, notre maison commune, et nous a tous interpellés sur le genre de monde que nous voulons laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent. « Cette question, écrivait-il, ne concerne pas seulement l’environnement de manière isolée. Quand nous nous interrogeons sur le monde que nous voulons laisser, nous parlons surtout de son orientation générale, de son sens, de ses valeurs. Cette question nous conduit inexorablement à d’autres interrogations très directes : pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? C’est pourquoi, il ne suffit plus de dire que nous devons nous préoccuper des générations futures. Nous sommes, nous-mêmes, les premiers à avoir intérêt à laisser une planète habitable à l’humanité qui nous succédera, parce que cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre » (n° 160).
Que sera notre été ? Un temps d’évasion, de détente, de liberté retrouvée ? Un temps pour oublier et laisser derrière soi la crise à laquelle on a fait face ? Ou, au contraire, un temps pour commencer par s’asseoir, que l’on profite ou non de vacances, et réfléchir sur « le sens de notre propre passage sur cette terre » et sur « le monde que nous voulons laisser » ?
L’interpellation du pape ne consiste pas tant à imaginer le monde d’après, dont on a maintes fois parlé au fort de la crise et qui apparaît de plus en plus illusoire, qu’à s’interroger, chacun, sur le sens de sa vie sur la terre, sur la façon dont il prend soin des autres et de la création tout entière.
On attend souvent que les autres agissent. On reproche leur inaction aux décideurs politiques et économiques. Le pape, lui, invite chacun, selon son expérience et ses capacités, à prendre en charge la maison qui a été confiée à tous et à « reprendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres et du monde, que cela vaut la peine d’être bons et honnêtes » (n° 229).
Notre été sera-t-il un temps favorable, non pour rêver d’un monde meilleur qui ne serait qu’illusion, ni pour reprendre une vie normale, mais pour adopter un style de vie plus responsable à la fois des autres et du monde ?