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Telle la cigogne… (suite)


Il a déjà été question ici de la cigogne. C’était à la fin de l’été dernier, au moment où elle s’apprêtait à partir. Depuis ce printemps, elle est de retour, mais elle n’a plus choisi de s’établir chaque soir sur le faîte de la nef ou du clocher de l’église de Waldighoffen. Elle a préféré bâtir directement son nid dans un endroit assez insolite… sur la croix qui surplombe l’extrémité occidentale de la nef ! Il fallait le faire !

Car elle a essayé des jours durant d’y faire tenir une branche, sans beaucoup de succès. Les branches qu’elle a patiemment cherchées et déposées sont toutes tombées, l’une après l’autre, jusqu’à ce que – on ne sait trop comment – la première, puis la deuxième, puis les suivantes aient fini par tenir, s’entremêler, et que le nid ait pris forme. C’était un pari risqué, puisque le nid repose uniquement sur la partie horizontale de la croix et est adossé à sa partie verticale. Pari gagné, cependant ! Ni la pluie, ni la grêle, ni les rafales de vent, ni les orages n’ont réussi, pour le moment, à le faire vaciller.

La détermination de la cigogne et la réussite de son entreprise évoquent la petite parabole de Jésus au sujet de l’homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc et de l’homme insensé qui l’a bâtie, à l’inverse, sur le sable. Celle qui était fondée sur le roc a résisté à la pluie, aux torrents et aux vents qui l’ont battue, alors que celle qui reposait sur le sable s’est complètement écroulée. « Ainsi, dit Jésus, celui qui entend les paroles que je dis et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable » (cf. Mt 7, 24-27).

La cigogne n’est pas insensée. Elle n’a pas bâti son nid sur la croix par fantaisie, pour épater les passants, mais après s’être assurée qu’elle soit suffisamment stable pour le supporter. Combien de fois, contrairement à elle, bâtissons-nous sur le sable, nous fions-nous qu’à nous-mêmes, à nos idées, à nos projets, à nos sécurités au lieu d’écouter les paroles que Jésus dit et de réorienter notre vie selon elles.

Alors que la cigogne réfléchit à la façon dont elle bâtit – ni n’importe où, ni n’importe comment -, nous, disait le pape François, au fort de la pandémie, « nous sommes allés de l’avant à toute vitesse, en nous sentant forts et capables dans tous les domaines. Avides de gains, nous nous sommes laissés absorber par les choses et étourdir par la hâte. Nous ne nous sommes pas réveillés face à des guerres et à des injustices planétaires, nous n’avons pasécouté le cri des pauvres et de notre planète gravement malade. Nous avons continué notre route, imperturbables, en pensant rester toujours sains dans un monde malade. » Mais il a suffi d’un virus pour que toutes nos entreprises – ou presque – s’écroulent ! C’est la première leçon de la cigogne.

La seconde, c’est qu’elle se soit précisément établie sur la croix. Elle n’a pas contourné la difficulté. Elle n’a pas abandonné face à elle. Elle n’a pas choisi un endroit plus commode. Combien de fois, contrairement à elle, fuyons-nous la croix, redoutons-nous l’épreuve, préférons-nous toutes sortes de facilités. Jésus, pourtant, nous a prévenus. « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ? » (Mc 8, 34.36). Nous voulions tout maîtriser, tout posséder, nous tenions à notre confort, mais un virus nous a révélé que c’était au prix de notre vie !

Et si, plutôt que de recommencer à aller de l’avant à toute vitesse, nous nous arrêtions pour lever les yeux vers la cigogne et nous laisser enseigner par elle ?

Bel été, à tous !